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info veille biotech n°117

Devenir plastique pour évoluer (mais pas synthétique pour autant...)
Cela faisait bien longtemps que je n’avais produit un édito du bon vieux temps, du temps où j’avais encore envie de transmettre...
Eh puis, les évenements de la vie viennent apporter leur lot de petites leçons de la vie ordinaire...
L’histoire commence ainsi : il y a quinze jours, une sévère tendinite de l’épaule droite est venue bouleverser mon train train quotidien et me rappeler à quel point c’est bon de ne pas souffrir et d’être en bonne santé. Mais là n’a pas été l’essentiel.
En effet, devant mon incapacité à effectuer des gestes quotidiens d’une simplicité enfantine (ça fait toujours un peu paniquer de perdre quelques facultés...), j’ai comme bon nombre d’entre vous, échangé sur mes difficultés avec les personnes de mon entourage. Et ce qu’il en est ressorti fut contre toute attente fort étonnant...
Voici ce qu’il advint : je racontais à une amie comment je me suis retrouvée incapable de sortir de ma baignoire, ayant oublié que je ne pouvais plus prendre appui sur le bras droit pour en émerger...Et cette amie de me répondre : il te suffit de prendre appui sur l’autre bras ! Et moi de répondre : j’ai essayé mais ça n’a pas marché.
Le lendemain, je décide de réfléchir un peu, me disant, zut, si elle y arrive, pourquoi pas moi. La solution ne fut pas longue à venir : il suffisait d’inverser le pied d’appel pour faire contrepoids comme je le faisais auparavant de manière naturelle et sans plus y réfléchir. Vous allez probablement penser que je suis d’une stupidité confondante, et je vous le concède, c’est la première chose que je me suis dite en voyant ce manque flagrant de réflexion. La force de l’habitude empêche de réfléchir... D’ailleurs, une info récente publiée sur Cordis, apporte un éclairage intéressant. Des chercheurs ont démontré récemment que le cerveau, lors de tâches répétitives, se mettait en veille quelques secondes avant qu’un accident ne se produise.
C’est alors que je me suis mise à penser à l’évolution, l’adaptabilité et évidemment à la plasticité des neurones, me disant que nous devrions nous inspirer plus souvent de la nature pour peut-être nous adapter un peu mieux à tout ce qui nous arrive. Mon nouveau credo désormais face à chaque difficulté que je rencontre : trouver, non seulement un moyen de m’adapter, mais aussi et surtout en tirer quelque chose de meilleur encore. Pour innover, je dois prendre le temps d’imaginer le différent, l’improbable et l’inconnu afin de pouvoir m’inventer chaque jour une manière positive de voir les choses et de trouver des solutions.

Mais produire du jus de crâne n’est pas produire du jus de chaussette...
La semaine suivante, eh oui, les hasards mènent à d’autres heureux hasards, je me rends en librairie pour me procurer le livre d’un canadien que j’ai entendu lors d’un débat, à l’issue de la projection d’un documentaire sur Noam Chomsky. Il s’agit d’un "petit cours d’autodéfense intellectuelle" de Normand Baillargeon (à lire bien entendu !). Et évidemment, mes yeux baladeurs tombent sur un autre ouvrage d’une spécialiste des ressources humaines qui enseigne à Genève, dont le titre titille immédiatement mes neurones : "Pensez ! ou on le fera pour vous..."  de Sandra Enlart Bellier. Et là je vous assure qu’il vous faut vous le procurer d’urgence.
Ce livre est une explication condensée de tout ce qui nous envahit et dont on ne comprend pas les tenants et les aboutissants. Il nous donne les explications sur le malaise profond qui nous habite et nous donne les pistes pour essayer d’y échapper. S’il fallait résumer, pour l’auteure, produire du jus de crâne passe par la pensée "éveillée", sachant qu’une pensée pauvre favorise la soumission...
Le mal dont nous souffrons c’est du mal de notre cerveau, qui face au trop plein du flux d’informations qui nous assaille chaque jour, met en place des plans de survie en triant, simplifiant, oubliant. Le problème, c’est que si notre cerveau nous permet de nous adapter ainsi pour notre bien-être, il rend notre pensée beaucoup moins subtile et peut nous rendre plus fragile face aux gens qui veulent décider pour nous...
L’intérêt du livre c’est de nous inciter à rester très très vigilant et à bien savoir détecter quand nous nous mettons en mode veille et à zapper notre propre existence, ce qui produit le profond malaise dont nous sommes victimes.
C’est très difficile de résumer ce que ce livre peut vous apporter, mais je pense que si vous ne devez lire qu’un seul livre cette année, ce pourrait bien être celui-ci, aussi bien pour des raisons professionnelles que personnelles voire familiales. Et ce qui ne nuit pas à sa lecture, il n’est pas dénué d’humour, parfois caustique voire croustillant à l’égard du management moderne et à l'égard de l’usage de Powerpoint dans l’entreprise...

Devenir transhumains ou n'être plus...
Pour finir et pour compléter ma petite réflexion de ces derniers jours, je me suis procuré la dernière édition en poche "d’une brève histoire de l’avenir"  de Jacques Attali, qui nous promet un avenir proche épouvantable (les 50 prochaines années) si nous n’y prenons garde. Son analyse de l’avenir, à partir du passé et du présent qui se dessine chaque jour est plutôt assez bien vu et visionnaire.
Après un début passionnant, petit résumé de l’histoire humaine mené de mains de maître, j’ai failli m’arrêter en cours de route, tant ses prédictions de l’avenir étaient devenues plombantes. Le dernier chapitre, consacré à une vision plus optimiste qui décrit l’avant-garde de l’hyperdémocratie, les transhumains et les entreprises relationnelles, nous rappelle que le plus compliqué reste de ne jamais se laisser envahir par le découragement mais de tenter de faire confiance à ce que j’appellerai "l’internationale des petits microbes" qui ont compris que leur bonheur dépend de celui des autres : ils sont à ce titre altruistes, concernés par le sort de leurs contemporains et de leurs descendants, soucieux d’aider, de comprendre, de laisser après eux un monde meilleur... Des gens pour qui autrui a une valeur en soi au même titre que le capital...
Cela ne vous fait-il pas penser aux créatifs culturels dont je vous avait parlé il y a deux ou trois ans ? Je vous laisse le lire et vous faire votre opinion !
L’humanité s’inspirera du Vivant ou ne sera plus.
En attendant le roi est mort. Vive le roi ! Reste la gorge qui gratte... Petite allergie au pollen de printemps...? Hum...Comme disait mon père : "bien faire et laisser braire..."

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